Arena 13

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Auteur : Joseph Delaney
Editeur : Bayard Jeunesse
Parution : 5 novembre 2015
Pages : 379
Attention : Pour lecteurs avertis
EN RÉSUMÉ :
Un livre qui prend aux tripes. 
– Pour les adeptes d’histoires violentes et sanguinolentes.
– Pour ceux qui aiment les affrontements de gladiateurs et les paris.
– Pour les fans de Joseph Delaney.

 

Joseph Delaney est connu pour sa célèbre saga L’épouvanteur, mais je voulais le découvrir en dehors de sa « zone de confort ». J’ai donc acheté le premier tome de la série Arena 13, sorti fin 2015 aux éditions Bayard Jeunesse. Et je me rends compte qu’en fait, Joseph Delaney, il est à l’aise dans n’importe quel roman !

La forme.

Comme à son habitude, l’auteur ne nous gratifie pas d’un livre énorme, puisque ce premier tome ne comporte que 27 chapitres pour 379 pages. La typographie est plutôt sympa, et le livre en général est très beau : la couverture est en relief, le dessin de James Fraser est magnifique, la quatrième de couverture n’a pas de résumé (qui se trouve dans les pans intérieurs du livre) mais est composée d’une seule phrase : « Entrez dans l’Arène 13 ; ceux qui s’affrontent ici savent que la mort n’est jamais loin ». Ca promet !

Je découvre l’écriture Joseph Delaney avec stupeur : cet homme écrit très bien, son écriture est fluide, rapide, sans accroc, sans incohérence, les dialogues donnent presque l’air de scènes de film ! Le monde que développe l’auteur est développé et précis, le cadre est fixe, ce qui est très agréable.

Le fond.

Nous rencontrons Leif, un jeune orphelin, qui décide de se rendre dans la ville de Gindeen pour devenir un combattant de l’Arène 13 et défier Hob, un djinn qui terrorise la ville. Ce jeune garçon m’a tout de suite plu – il me fait d’ailleurs penser à Thomas de la série Labyrinthe – il est téméraire, il aime travailler dur, il est intelligent et devient de plus en plus fort. La volonté du jeune homme de se venger se comprend facilement au vu de son passé bouleversant, puisqu’il a vu sa famille disparaître dans des circonstances désastreuses.

Il rencontre Tyron, qui deviendra son entraîneur, et Kwin, la fille de ce dernier. Seuls petits (très petits) bémols que je fais au scénario : 1° j’ai trouvé inutile la partie où il se fait employer à l’abattoir (perte de temps pour le personnage, et inutile dans pour l’avancée de l’histoire) ; 2° je trouve que Leif tombe trop facilement sous le charme de Kwin (cette dernière semble d’ailleurs être un peu le cliché américain de la fille rebelle qui se faufile par la fenêtre la nuit pour aller se battre)…

Tout comme le premier tome de Divergente, ce premier tome d’Arène 13, même s’il contient de l’action, n’a pour but principal que de nous montrer la progression du héros et sa préparation physique et mentale à son avenir : le combat. Pour ceux et celles qui ont trouvé très lent le premier tome des aventures de Tris et Quatre, attendez-vous au même type de scénario dans Arène 13. Il faut simplement se dire que ce n’est qu’un premier tome et que, maintenant que le cadre est posé, ça devrait bien bouger dans les deux prochains !

Quoi qu’il en soit, ce roman est facile à lire, un peu violent sur les bords, mais le scénario est réussi, et la fin du chapitre 15 m’a laissé bouche bée !

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La couleur de l’âme des anges

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Auteur : Sophie Audouin-Mamikonian
Editeur : Robert Laffont – Collection R
Parution : 5 janvier 2012
Pages : 444
EN RÉSUMÉ :

Un livre que je trouve très mal écrit, et aux intrigues sans queue ni tête. 

Lorsque j’ai acheté ce livre, je ne connaissais pas du tout Sophie Audouin-Mamikonian, mais j’étais déjà attirée par la saga Tara Duncan. Toujours hésitante à l’acheter, je me suis d’abord dirigée vers le one-shot qu’elle a écrit après cette saga, La Couleur de l’Âme des Anges, aux éditions Robert Laffont, collection R.

La forme.

Les 444 pages de ce roman sont réparties en 20 chapitres, faisant chacun référence au goût de quelque chose (de l’amour, de l’expérience, de la peur, de l’absence, de la tentation,…).

Le (très) gros point noir de ce livre reste l’écriture, que je n’ai pas du tout aimé. Je ne sais pas si l’auteure écrit de la même manière dans les livres de sa saga Tara Duncan, mais j’ai trouvé l’écriture saccadée, l’enchaînement des actions mal géré, les dialogues mauvais,… Elle répète des explications plusieurs fois, ce qui est très désagréable (et inutile), et le peu d’humour qu’elle y fait n’est pas marrant et ne correspond pas avec le style du roman. Je dois dire que j’ai eu beaucoup de mal à le finir !

Quoi qu’il en soit, l’écriture reste simple, pas tellement recherchée à certains moments mais enfin… L’auteure a fait le choix de rester légère dans son écriture, ce que je pense être un mauvais choix, étant donné le sujet principal qu’elle aborde : la mort. Elle a également décidé de raconter l’histoire de Jérémy à la troisième personne : elle y raconte les pensées, les souvenirs, les émotions et les sensations de Jérémy, ce qui, je pense, aurait été plus logique et plus fluide de raconter à la première personne.

Les éditions Robert Laffont ont tout de même eu la bonne idée de donner à ce livre une typographie très agréable.

Le fond.

L’histoire est celle de Jérémy, jeune financier solitaire de 23 ans, vivant à New York, et tellement happé par le travail qu’il n’a pas d’ami et a quasiment perdu de vue sa famille. Un soir, alors qu’il rentrait chez lui (à pied, oui, c’est rare pour un riche financier…), il se fait assassiner par un samouraï (???), en face de Central Park. Il se réveille (du moins, son âme se réveille) et il prend conscience qu’il est mort et qu’il est « de l’autre côté ». A son chevet, Flint et Tétishéri l’accueillent et lui expliquent en détails le monde dans lequel il vient d’atterrir, une sorte de paradis, où tentent de survivre les personnes mortes. Au bout de 20 pages, nous connaissons donc tout le fonctionnement (très étrange) de ce paradis : une idée que je trouve moyennement bonne, puisqu’il aurait peut-être été plus intéressant de découvrir Jérémy se débrouiller « tout seul » et permettre au lecteur d’apprendre à survivre en même temps que lui. Bref.

Jérémy apprend entre autre que les anges se distinguent par leur couleur : le bleu pour les anges « gentils » (qui se nourissent des sentiments positifs des vivants), le rouge pour les anges « méchants » (qui se nourrissent de la haine, la colère, la tristesse, la jalousie,…). J’y ai vu là un gros cliché et un remix du fameux duo Paradis-Enfer, sauf que dans ce roman, ils vivent tous ensemble, et les anges bleus doivent faire attention de ne pas se faire « tuer » par les anges rouges. Pfiou !

Jérémy se met d’abord en quête d’un moyen pour délivrer sa petite soeur d’un ange rouge qui lui fait faire des cauchemars. Il repart donc chez sa mère, là où vit sa petite soeur, et pense découvrir que son assassin est son beau-père car ce dernier n’aurait pas apprécié l’enquête que Jérémy a mené sur lui quelques années auparavant et qui aurait révélé au monde entier son statut de traficant.

Jérémy se met ensuite en tête de protéger Allison, la jeune fille qui a été victime de son meurtre, car il pense qu’elle sera la prochaine sur la liste. Sachant que l’assassin connaît où habite la jeune fille, il tente donc de la faire déménager par tous les moyens, à l’aide d’Einstein (le scientifique mort en 1955, qu’il rencontre dans l’autre monde). Il découvre en même temps qu’Allison s’est mise en tête de dénoncer le gérant d’un grand groupe pharmaceutique, qui a décidé de taire la découverte d’un remède contre le cancer.

Le scénario va véritablement dans tous les sens, on ne sait pas quelle est l’intrigue principale, entre Jérémy qui veut sauver sa petite soeur, et Allison qui veut obliger le groupe à dévoiler le remède pharmaceutique… L’auteure se perd elle-même dans tout ce méli-mélo d’intrigues sans queue ni tête, et qui ne sont même pas liées entre elles. L’affaire de la petite soeur est expédiée au moment où Flint revient sur le devant de la scène et décide, accompagnée de son amie Lili, d’aider Jérémy à se débarrasser du méchant ange rouge.

Bref, une histoire vraiment décevante et un « au-delà » mal développé. Je n’ai pas du tout aimé le concept de la Brume que les anges doivent manger pour survivre, mais qui peut aussi servir à construire des choses (autrement dit, un ange peut construire un canapé, qu’il peut ensuite manger…). J’ai trouvé cette inteprétation du paradis vraiment absurde et mal faite. C’est une histoire qui se veut pleine d’actions et d’intrigues, mais dont le tout est très mal mixé.

C’est un des seuls livres que je déconseille vivement. Si vous aimez les histoires d’anges, dirigez-vous vers autre chose !

After, saison 1 : La rencontre

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Auteur : Anna Todd
Editeur : Hugo & Cie
Parution : 2 janvier 2015
Pages : 594
EN RÉSUMÉ :
Un livre mignon et amoureux, rempli d’espoir et d’amitié. 
– Pour les étudiants et ceux adeptes des (très) gros livres.
– Pour ceux et celles qui veulent découvrir une romance pas comme les autres.
– Pour les punks qui aiment faire la fête.

 

Après la folie des Cinquante Nuances de Grey, et des Dear You d’Emily Blaine, je ne me voyais pas trop acheter de nouveau une romance… Et malgré l’engouement qu’il y a eu autour de celle-ci, j’ai pris un an à succomber ! Finalement, je regrette de ne pas l’avoir acheté dès sa sortie…

La forme.

Pour les courageux lecteurs et lectrices qui souhaiteraient s’aventurer dans l’histoire de Tessa et Hardin, vous devez savoir à l’avance qu’il faudra vous farcir près de 600 pages, et ce seulement pour le premier tome, histoire de vous mettre un peu l’eau à la bouche… Pour parler une seconde du deuxième tome : celui-ci comportera plus de 700 pages. Voilà voilà !

J’entends déjà ceux qui crient au scandale (« Quoi ? 600 pages ? Tout ça pour une histoire à l’eau de rose ! »), mais je vous rassure, il ne s’agit pas simplement d’une amourette de lycée, mais d’une amourette… d’université !

Quoi qu’il en soit, l’auteure a brillament réussi le challenge de combler ces 600 pages, rassurez-vous, dans une écriture plutôt agréable et fluide. Nous prenons connaissance de leur histoire du point de vue de Tessa dans la plupart des chapitres, et du point de vue de son ennemi-amoureux Hardin dans certains d’entre eux, le tout toujours raconté à la première personne.

Néanmoins, le gros mauvais point que j’accorde au livre est pour la typographie : c’est une horreur ! Même si l’on finit pas s’y habituer au bout de 600 pages, l’écriture est si petite qu’elle m’a d’abord dérangé, d’autant que je suis myope…^^ Je devais donc avoir le livre constamment près du visage pour pouvoir déchiffrer les mots, et la lecture à la lampe de chevet avant de s’endormir, c’était à oublier !

Le fond.

Comme vous l’avez compris, l’histoire prend forme à l’université qu’intègre Tessa au début du roman. Scandalisée d’avoir pour coloc’ une punk à l’allure dérangée, elle s’en fait finalement une raison après avoir rencontré l’ami de sa coloc’, Hardin, un garçon plutôt désagréable au premier abord, et qu’elle commencera d’ailleurs par détester.

Si, dans le premier tome, le personnage de Tessa m’a paru très niais (à la limite agaçante tellement elle pouvait être idiote à certains moments), elle se rattrape très bien dans le second tome où elle prend largement en maturité.

Hardin, lui, est un être méprisant et insolent au possible avec Tessa, mais qu’on découvre beaucoup plus discret et troublé qu’on ne croyait. Si ces agissements peuvent parfois paraître étranges, la fin du roman nous éclaire sur ce petit mystère et nous laissera bouche bée pour mieux apprécier la saison 2 !

Un en mot, cette histoire est assez différente des autres dans le sens où elle est beaucoup plus dévéloppée et enrichie en rebondissements que ce qu’on a pu voir dans les autres bouquins du même genre jusqu’à présent. La fin « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » ne s’applique pas ici. Les personnages sont constamment en train de se questionner, il arrive toujours de nouvelles choses qui troublent le calme provisoire, et le couple Tessa – Hardin va passer par de nombreuses épreuves avant de savoir / de comprendre qu’ils sont faits l’un pour l’autre…

Noël à Virgin River

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Auteur : Robyn Carr
Editeur : J’ai Lu Pour Elle – Collection Promesses
Parution : 1er décembre 2012
Pages : 277
EN RÉSUMÉ :
Un livre mignon et amoureux, rempli d’espoir et d’amitié. 
– Pour les fans de Noël, de neige, de feu de bois et de chalet au coeur de la forêt.
– Pour ceux qui ont un petit coup de blues…
– Pour ceux qui n’ont pas peur des ours !

 

Bien que ce livre fasse partie de la série « Virgin River », il est indépendant : vous n’avez donc pas nécessairement besoin de lire les autres tomes de la série pour comprendre celui-ci. Selon l’auteur, il se situe entre le 3ème et le 4ème tome de la série. Il met l’accent sur Marcie Sullivan, veuve du militaire Bobby. On retrouve d’ailleurs quelques éléments de la série dans ce livre, mais aucun d’entre eux ne nous spoile le scénario originel.

La forme.

16 chapitres composent ce livre, pour un total de 277 pages. Autrement dit un livre court, efficace, qui va à l’essentiel, et bougrement optimiste ! L’auteure, une habituée des romances aux éditions J’ai Lu Pour Elle – Collection Promesses, nous transporte dans les montagnes, pendant la période de Noël avec un style plutôt décontracté et sympathique. Elle choisit de nous faire vivre l’histoire de Marcie et de Ian à la troisième personne, ce qui nous permet de comprendre les pensées et les émotions de chacun des personnages.

L’histoire est posée, il n’y a pas ni temps mort, ni incohérences dans le scénario, le rythme est soutenu sans être trop rapide… juste ce qu’il faut pour une romance de près de 300 pages. Bien que ce soit un mini roman d’amour, aucune scène de sexe bestial n’est à craindre, le récit de l’amour est pur et discret.

Le fond.

C’est donc l’histoire de Marcie Sullivan, jeune veuve de Bobby, un militaire tué lors de la guerre en Irak il y a un an. Sentant qu’elle a encore une mission à accomplir pour pouvoir faire son deuil, elle décide de retrouver, Ian, le meilleur ami de son mari pour lui remettre une lettre que ce dernier n’a pas eu le temps de lui donner. Elle se rend donc en quête de cet homme, qui a quitté l’armée après la mort de Bobby, et qui vit en ermite et en inconnu dans les montagnes de Californie.

La ténacité de Marcie m’a beaucoup plu, même si elle semble un peu irréfléchie et impulsive sur les bords. Sa volonté de retrouver Ian malgré les interdictions de sa soeur aînée Erin est remarquable et on prend goût à suivre et encourager ce petit bout de femme perdu dans les montagnes enneigées à la recherche d’une personne qui lui tient à coeur.

Ian Buchanan, en revanche, n’a aucune envie d’être dérangé. Installé confortablement (ou presque) dans son petit chalet au milieu des bois et vivant de la vente de bois pour l’hiver, cet ancien militaire, devenu un ours barbu et bourru, ne veut plus avoir de rapport avec le monde extérieur, et encore moins avec la famille de son meilleur ami décédé. Mais c’était sans compter sur l’acharnement de Marcie ! Ian est un homme blessé par la mort de son ami, il ne se remet pas non plus de ce qu’il a vu et vécu à la guerre. C’est un homme aux apparences d’un fou, mais qui s’avère avoir un coeur gros comme ça…

Cette petite nouvelle est le genre d’histoire à vous mettre du baume au coeur pendant un moment de blues, ou à renforcer la bonne humeur si vous en avez déjà ! Un petit roman cocooning, plein d’amour et d’espoir, à lire au coin du feu, et de préférence à Noël !

 

 

 

 

 

 

 

Demain

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Auteur : Guillaume Musso
Editeur : XO Editions
Parution : 28 février 2013
Pages : 430
EN RÉSUMÉ :
Un livre bouleversant, mêlant suspens et recherche du bonheur. 
– Pour les adeptes d’histoires réelles et pourtant invraisemblables.
– Pour ceux qui aiment les voyages dans le temps.
– Pour les fans de Guillaume Musso.

 

L‘achat d’un livre de Guillaume Musso relève aujourd’hui presque d’un automatisme, vu que l’auteur ne m’a jamais déçu. En 2013, il signe son dixième roman chez XO Editions, Demain.

La forme.

Guillaume Musso a fait ses preuves depuis bien longtemps maintenant dans le monde de le littérature. Il détient cette écriture si peu commune, à la fois courante et poétique. Dans ce roman (comme dans aucun autre), il ne fait pas vivre ses personnages à la première personne, mais à troisième, ce qui permet d’avoir la vision de toutes les parties à l’histoire à la fois, pour mieux comprendre l’histoire et les enjeux. Même si le lecteur se trouve dans la situation privilégiée d’en connaître un peu plus que chacun des personnages, cela ne lui permet pas pour autant de deviner la chute du scénario, un secret encore bien gardé par l’auteur…

Musso choisit de répartir les 430 pages de son roman en 6 parties qui décrivent les 6 jours de la semaine que vont vivre les personnages. Le tout pour un total de 25 chapitres. Le timing est plutôt bien respecté. Comme à son habitude, l’histoire continue pendant les quelques pages de son épilogue (ma partie préférée !).

Dans ce roman, aucune surprise en terme d’écriture : pour ceux qui connaissent l’auteur, on reste dans les classiques. Guillaume Musso nous a déjà fait voir de quoi il était capable dans ses romans précédents, et nous confirme son talent dans celui-ci. Pas d’incohérences du scénario, les détails illogiques de prime abord trouvent finalement tous une justification, les dialogues sont maîtrisés et intéressants, les descriptions ne sont pas inutiles, le style est agréable et dynamique, il n’y a pas de temps mort et il y a toujours autant de suspens… bref, du Musso tout craché !

Le fond.

Nous rencontrons à la fois Emma, qui vit à New York, et Matthew qui habite à Boston. Les deux personnages ne se connaissent pas et n’ont à priori rien en commun. Ils se rencontrent un jour sur internet. Du moins, c’est ce qu’ils pensent. Lorsqu’ils se donnent rendez-vous, problème, aucun des deux ne rencontre l’autre, alors qu’ils se trouvent tous les deux au même endroit…

Le talent de Guillaume Musso réside dans sa capacité à décrire précisément et de manière très réaliste les états d’âme des personnages. J’ai presque été prise de pitié par la situation du pauvre Matthew, et désolée pour celle d’Emma, mais les personnages finissent pas se rendre compte que leur destin est lié d’une certaine façon.

Je ne peux vous en dire plus sans en dévoiler. Le suspens est présent jusqu’au bout, et les dernières pages sont à couper le souffle. Il est vrai que le scénario peut paraître un peu irréaliste pour certains, mais Musso a toujours eu le génie d’écrire magnifiquement bien des scénarios un tantinet chimérique sans aller jusqu’à l’exagération.

Une oeuvre réussie donc – comme toujours – qui nous rappelle combien le bonheur est à portée de main, à condition d’être prêt à le recevoir…

Dear you, tome 1

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Auteur : Emily Blaine
Editeur : Harlequin
Parution : 1er octobre 2014
Pages : 321
EN RÉSUMÉ : 
Un livre mignon-tout-plein, plein de sensualité, de séduction et d’amour.
– Pour les amoureux de la romance. Et pour les amoureux tout court.
– Pour ceux qui rêvent de visiter un hôtel de luxe.
– Pour ceux qui ont trouvé Cinquantes Nuances de Grey trop cru.

 

Emily Blaine, auteure française de 28 ans paraît-il, semble avoir véritablement révolutionné le style de la romance grâce à sa trilogie Dear you ! C’est entre les sorties des séries Cinquante Nuances de Grey et After que la jeune écrivaine mi-bretonne mi-parisienne choisit de relever le défi de publier une romance qui n’est ni cul-cul, ni purement basée sur le sexe… Autrement dit, une vraie histoire, qui pourrait arriver à n’importe laquelle d’entre nous… Enfin !

La forme.

L‘auteure reste (très) raisonnable puisqu’on ne compte que 321 pages dans son premier tome. Si le début est un peu lent, c’est parce qu’il met tranquillement l’histoire en place, et surtout parce qu’il nous fait comprendre les pensées et l’état d’esprit de notre personnage principal, Kathleen. Les 13 chapitres sont composés chacun de plus d’une dizaine de pages. Le schéma peut sembler un peu long, mais l’écriture de l’auteure permet une lecture fluide.

En parlant d’écriture, Emily Blaine a un style plutôt décontracté et courant, les mots employés ne sont pas compliqués, mais le langage n’est pas « jeun’s » pour autant. L’intérêt est de rentrer dans la tête de Kathleen qui, bien qu’elle travaille dans un hôtel de luxe, mène une vie tout à fait normale. L’auteure nous divertit dans un français sans chichi, et raconte les aventures de Kathleen à la première personne, ce qui permet aux femmes de s’identifier aisément à elle.

Le fond.

Dans ce premier tome, nous rencontrons Kathleen, 25 ans, célibataire et concierge dans un hôtel de luxe de New York, qui, pour se changer les idées, se plaît à lire les petites annonces de rencontre dans le journal. Jusqu’au jour où elle en trouve une qui s’adresse à elle ! Qui est ce mystérieux inconnu qui semble vouloir rencontrer la jeune femme ? Doit-elle lui écrire en retour ?

J‘ai trouvé le personnage de Kathleen très réaliste et très posée. Elle réfléchit, a conscience des sa situation, et ne ressemble pas à ces jeunes filles immatures, agaçantes et instables émotionnellement que l’on peut trouver dans certaines romances. Au contraire, Kathleen est une jeune femme qui « subit » sa vie plus qu’elle ne la vit, et qui comprend qu’elle doit changer une chose : ne plus être célibataire.

Dans la foulée, on rencontre Andrew Blake, riche magnat de la presse qui descend un jour à l’hôtel de Kathleen et qui tape littéralement dans l’oeil de cette dernière. Mais Monsieur-Suite-de-Luxe semble tellement inaccessible que Kathleen pense passer inaperçue… Tout cela ne serait pas parti plus loin si elle n’était pas concierge et qu’elle ne devait pas satisfaire à tous les caprices de Monsieur…

N‘y voyez pas là une série à la Cinquantes Nuances, rien à voir ! Oubliez les galipettes dans l’ascenseur et les coups de fouet. Le Monsieur est charmant mais la Demoiselle n’est pas stupide. L’auteure nous entraîne dans une véritable histoire d’amour et d’amitié, de concurrence amoureuse et de conquête des coeurs, de suite privée et de limousine… Alors, attachez vos ceintures !

La prophétie du Paladin

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Auteur : Mark Frost
Editeur : Pocket Jeunesse
Parution : 5 février 2015
Pages : 628
EN RÉSUMÉ : 
Un livre ambitieux, mais qui manque cruellement de fond.
– Pour ceux qui aiment les scénarios catastrophes et les énigmes à résoudre.
– Pour les adeptes d’énigmes à résoudre et de berlines noires.
– Pour ceux qui aiment les portails interdimensionnels.

 

Lorsque j’ai acheté ce livre, je l’ai acheté pour son auteur, Mark Frost, connu pour être scénariste de diverses séries et films américains (Twin PeaksLes Quatre Fantastiques,…). Après 4 autres romans, Mark Frost a donc largement imposé son écriture au monde entier. J’avais plutôt confiance, et au vu de la magnifique couverture de ce livre, j’y ai plongé les yeux fermés. Grosse erreur.

La forme.

L‘auteur choisit de nous divertir pendant 628 pages, réparties en chapitres d’environ 6 à 10 pages chacun. Un challenge en apparence plutôt bien relevé, puisque la fin du livre nous laisse assez sur notre fin pour avoir envie de lire le tome 2.

Néanmoins, j’ai trouvé l’écriture très mauvaise, et pour cause : Mark Frost est scénariste, et non écrivain. Voilà donc la source de mon erreur ! J’ai trouvé le récit des faits saccadé. L’intrigue était bien partie mais on met trop de temps à comprendre certaines choses essentielles, et d’autres détails restent au contraire sans explication. Les dialogues sont plutôt bien menés, mais beaucoup d’incohérences (et de fautes d’orthographe : faute au traducteur ?) persistent et gênent la lecture.

Le fond.

Pour moi, le scénario était intéressant, mais très mal exploité : Will, le personnage principal, est un jeune homme de bonne famille à qui il va arriver plusieurs péripéties et événements incohérents et sans logique : ses parents ne semblent plus être les mêmes pour une raison inconnue, et il se fait soudainement remarquer à l’école à cause de son intelligence hors-norme, ce qui lui vaut la visite d’une représentante d’une prestigieuse université privée qui lui propose de suivre leur cursus. Soit. Jusqu’à maintenant, aucun souci.

Will choisit d’intégrer l’université prestigieuse, et donc de changer d’école en cours d’année. D’un simple coup de téléphone, Will s’inscrit à l’université, et demande même à la représentante de l’école de lui payer un billet d’avion pour s’envoler dans la soirée pour l’école. Ça, j’y crois moyen… Continuons.

Bien que les faits étranges qu’a subi Will ne paraissent pas liés de prime abord, on devine facilement qu’ils le seront prochainement. Arrive alors Dave, un Néo-Zélandais mi-mort mi-imaginaire qui n’apparaît qu’aux yeux de Will, qui vit dans un monde parallèle, et qui l’aidera à se sortir de situations délicates, avec pour seule explication : « c’est mon boulot ». Mouais. Il se lie également d’amitié avec un taximan qu’il n’a vu qu’une fois dans sa vie, Nando, et qui s’ennuie trop dans son travail : il veut de l’aventure, et choisit d’aider Will également. Un peu facile encore une fois…

On rencontre ensuite une flopée de personnages, ceux qui deviendront les amis de Will, et qui correspondent à un ramassi de clichés que l’on retrouve dans la majorité des films américains : Nick le meilleur ami rigolo mais qui s’avère utile, Ajay le petit intello qui fait tout ce qu’il veut avec un ordinateur, Elise la garçon-manqué qui en a dans le pantalon, Brooke la jolie demoiselle en détresse, et Todd la grande brute stupide qui convoite Brooke.

L‘auteur nous perd donc dans un farfouillis de personnages divers et variés, et nous colle une histoire devenue complexe, car mal racontée, de granges, de vestiaires d’un gymnase, de demeure au milieu d’un lac, le tout relié par des souterrains qu’occuperait une sorte de secte. Certains passages de remise en question, ou certaines pauses dans le récit, sont expédiés voire manquants. J’aurais aimé connaître davantage l’état d’esprit dans lequel était Will au fur et à mesure de ses aventures et de ses découvertes, mais le personnage semble sans émotion : il ne fait pas de cauchemars, n’a pas tellement de regrets ni souvenirs qui le hanteraient,…

Bref, je ne vais pas m’étendre plus longtemps, sinon je pense que je serais capable de prendre le livre ligne par ligne et de tout réécrire !

En un mot, je n’ai absolument pas aimé la manière dont était tournée l’histoire, même si le scénario de base était original… Dommage.

Laissez vos avis en commentaires, je suis curieuse de savoir ce que vous en avez pensé, parce que moi, je suis très déçue…

Expérience Noa Torson, tome 1 : Ne t’arrête pas

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Auteur : Michelle Gagnon
Editeur : Nathan
Parution : 29 janvier 2015
Pages : 394
EN RÉSUMÉ :
Un livre angoissant à souhait, réaliste et dangereusement vrai sous certains aspects.
– Pour les amoureux des expériences interdites, du suspens, et des génies de l’informatique.
– Pour ceux qui aiment fuir pour survivre.
– Pour ceux qui n’aiment ni le fantastique, ni la science-fiction, ni les dystopies.

Michelle Gagnon a accompagné la couverture de son livre de l’avis d’une personne qui compte parmi les meilleurs auteurs de thrillers : Harlan Coben le qualifie de « thriller palpitant ». Sur la couverture, une jeune fille qui court, et un titre plutôt explicite : Ne t’arrête pas. Tout ce que j’aime : la fuite, le danger, la survie, le dépassement de soi.

La forme.

394 pages, ça paraît court, mais c’est amplement suffisant pour comprendre l’histoire, le contexte et les enjeux. 19 chapitres distribuent un scénario à couper le souffle (sérieux, on n’a même pas le temps de respirer !), dont chacun s’étale sur une petite dizaine de pages. Des chapitres fournis, mais loins d’être indigestes.

L‘auteure a une écriture fluide, des mots plutôt bien choisis, et aborde des thèmes actuels bien que dramatiques : le trafic d’organe et les expériences médicales illégales, mais aussi l’abandon familial et social, et le hacktivisme. Malgré la dureté des sujets abordés, l’auteure s’en sort plutôt bien et arrive à nous faire entrer dans la peau de son personnage principal, une jeune adolescente, à qui le lecteur s’identifie facilement.

Le récit est très rapide, pas plus développé qu’il ne le faut, et ça tombe bien car il faut aller vite. Les actions sont récurrentes, mais même si ça bouge beaucoup, l’auteure arrive à donner des pauses à son personnage (réflexions, plans, souvenirs). Des bribes de passé nous sont distribuées tout au lond du roman, qui nous permettent de comprendre le contexte émotionnel des personnages, sans pour autant s’étaler sur des détails inutiles.

Le scénario se base sur un contexte réel, car il se déroule à Boston. Le contexte temporel n’est pas précisé, mais étant donné l’histoire et les moyens employés par les personnages pour arriver à leurs fins, on est très certainement dans les années 2010.

Le fond.

En voilà un livre qui entre directement dans le sujet ! Les premières pages nous mettent tout de suite dans le bain : on rencontre Noa, une jeune fille, qui se réveille allongée sur une table. Cet endroit lui est inconnu, mais ressemble vaguement à une salle aménagée en bloc opératoire. Des bruits de pas, des voix masculines,… des personnes arrivent, et Noa doit fuir. Il ne reste plus aux lecteurs que de fuir avec elle !

Noa est une jeune fille attachante, d’autant plus quand on apprend son passé et son ignorance de la situation. Dès le début du livre, son premier objectif est de fuir. Elle est constamment suivie, pourchassée, presque capturée… Son deuxième objectif sera de comprendre : et pour cela, elle va avoir besoin d’aide.

Elle se concentre alors à trouver Peter, que l’on suit également, par scènes interposées, dès le début du livre. Peter, bien que très jeune, est déjà à la tête d’une petite communauté de geek et de hackers qui sévit sur le net. Noa, qui fait partie de cette communauté, va donc se rapprocher de Peter qu’elle ne connaît pas, et à qui elle devra pourtant faire confiance.

Les deux personnages, qui communiquent majoritairement par logiciels et fichiers cachés, se lancent alors ensemble dans une course contre la montre pour stopper leurs adversaires en costar noir. C’est à qui arrêtera l’autre en premier.

Le seul reproche que je peux faire quant aux personnages est la dextérité et la capacité avec laquelle Noa réfléchit et agit. N’est-ce pas légèrement exagéré pour son âge ? Sans spoil, la course-poursuite dans la bibliothèque me laisse encore assez perplexe…

Quoi qu’il en soit, Ne t’arrête pas est un thriller palpitant, comme l’a si bien dit Harlan Coben !

Divergente, tome 1

divergente-tome-1
Auteur : Veronica Roth
Editeur : Nathan
Parution : 20 mars 2014
Pages : 434
EN RÉSUMÉ :
Une dystopie plaisante, et très intéressante à analyser.
– Pour ceux qui aiment les présents dangereux et les futurs incertains.
– Pour les fans de complots de sociétés et de clans.
– Pour les adeptes de Hunger Games : faisons la paix !

 

Certains crieront au scandale, à la copie de Hunger Games. Moi je jubile : encore une dystopie ! Même si ce genre littéraire m’est aujourd’hui familier, la trilogie de Veronica Roth me confirme les raisons de cette adoration livresque. Comment rester au plus près de la réalité, tout en partant assez loin pour faire travailler son imagination ? Réponses.

La forme.

On peut aujourd’hui dire que Veronica Roth fait partie des (très peu nombreuses) femmes à savoir écrire. Diplômée en écriture créative, sa première et seule oeuvre littéraire publiée dans le monde est la série Divergente, qui a été adaptée au cinéma en 2014. C’est donc sans véritable crainte que je me suis lancée dans les aventures de Beatrice.

En 434 pages, Veronica Roth nous plonde rapidement dans son monde, puisque le contexte historique et factuel est dévoilé dès les premières pages. Ca ne traîne pas sur des détails, ça ne badine pas avec un style d’écriture futuriste, la technique est fluide, c’est plutôt agréable à lire. L’auteure a fait le choix d’écrire à la première personne, ce qui permet aux lecteurs de connaître et comprendre les véritables émotions, sensations et avis de Beatrice en temps réel.

39 chapitres composent ce premier tome. Ils sont de grosseurs différentes : 4 pages pour les plus petits, et plus de 10 pages pour les chapitres contenant le plus d’action. Un rythme assez correct, d’autant que l’auteure sait quand arrêter un chapitre, et ne nous traîne pas dans des longueurs inutiles.

En terme de typographie, les éditions Nathan auraient peut-être pu faire un effort… À vouloir se différencier, je trouve que l’écriture choisie est moche, et fait presque « pattes de mouche ». Heureusement que l’auteure nous rend la lecture plus aisée.

Le fond.

Nous suivons donc l’histoire de Beatrice (qui changera son nom en « Tris »), une jeune Altruiste qui vit dans une Amérique post-apocalyptique, divisée en 5 factions. Sa vie semble monotone et ennuyeuse, au point que même le lecteur l’encourage à prendre la bonne décision lorsqu’elle est amenée à sélectionner sa future faction lors de la Cérémonie du Choix. En ce qui me concerne, j’ai adoré son personnage, ni trop niais, ni trop ennuyant (bien qu’elle vienne d’une faction très dévolue). On ressent bien sa sensation de mal-être et d’hésitation quant à son changement de faction. Durant toute l’histoire, Tris est un personnage qui va évoluer, tant mentalement que physiquement, qui ne se laisse pas faire, qui devient calculatrice, pour pouvoir à son tour comprendre les manipulations des autres.

Quatre est le deuxième personnage principal de la série. C’est un jeune homme que j’ai d’abord détesté, par ses ordres mal placés et un comportement hautain. Mais on comprend rapidement que, dans ce monde, il faut se faire une place, et c’est avec stupeur que son personnage évolue également dans le bon sens, en découvrant son combat et ses valeurs. Quatre est un personnage intéressant, bien que stéréoptypé au « beau gosse discret ».

Derrière ce paysage dystopique, l’auteure a clairement voulu nous ouvrir les yeux sur une réalité tout aussi dramatique : la critique d’une société dont l’élite s’évertue à canaliser les esprits rebelles et pensant différemment, qu’elle ne peut pas contrôler. Dans ce sens, le livre rejoint la série Hunger Games, dans laquelle l’élite, qui vit dans le faste et le décadent, tente de garder la main mise sur une population appauvrie et soumise. Des réflexions aussi bien défendues que bien écrites.

La passe-miroir, tome 1 : Les fiancés de l’hiver

Auteur : Christelle Dabos
Editeur : Gallimard Jeunesse
Parution : 6 juin 2013
Pages : 519
EN RÉSUMÉ :
Un livre magnifique, à l’imagination dense et sans fin.
– Pour les adeptes de fantasy et de livres de contes.
– Pour ceux qui aiment les complots et les assassinats sans meurtrier.
– Pour les fans d’Alice au Pays des Merveilles et des films d’animation d’Hayao Miyazaki.
– Pour tous ceux qui veulent voyager.

 

J‘ai acheté ce livre d’abord parce qu’il me plaisait de loin, mais surtout parce qu’il y a un tel engouement général autour de lui que ma curiosité a dû être satisfaite. Et elle l’a été ! Pensant d’abord qu’il s’agissait d’un roman d’aventures, j’ai été surprise en constatant qu’on s’approchait plus d’un roman à la Hayao Miyazaki (pour les non connaisseurs, googlisez !), et ce n’était pas pour me déplaire…

La forme.

Place donc à un récit lent, mais bien développé et très riche grâce au vocabulaire sans fond de l’auteure (j’ai dû rechercher des mots que je n’avais jamais lu quand même !), le tout mixé sous une plume remarquable : bon rythme, bonne ponctuation, dialogues compréhensibles, aucune incohérence.

Les chapitres ne sont ni trop longs ni trop courts. Personnellement, c’est comme je les aime : entre 5 et 10 pages, l’auteure arrive à nous faire passer l’idée / l’action du chapitre, et à faire considérablement avancer l’histoire, sans pour autant que ça aille troop viiiiiite !…  Comptez 36 chapitres, qui s’étalent sur 519 pages, le tout divisé en 2 sections pour bien scinder les deux parties principales de l’histoire : la première partie sur l’arrivée au Pôle, la deuxième partie au Clairdelune.

L‘écriture n’est pas trop petite, ce qui rend ce livre facile à lire, mais il faut dire que le talent de l’auteure y est pour beaucoup !

Le fond.

Christelle Dabos n’est pas auteure de métier, mais avait quand même un pied dans la littérature puisqu’elle se destinait à être libraire. Lors du Concours Premier Roman Jeunesse, organisé en 2012 par RTL, Télérama et les éditions Gallimard Jeunesse, elle se lance dans son premier défi littéraire… et elle remporte le concours ! Les livres de la série La Passe-miroir sont ses premiers romans publiés chez Gallimard Jeunesse, et on peut aisément penser que ce sera un vrai succès.

Dans ce premier tome, nous retrouvons Ophélie, une jeune fille de bonne famille, vivant sur Anima qui est, non pas une planète, mais un « morceau de terre » flottant dans le ciel (ça passe bien mieux sous la plume de l’auteure !). Ophélie possède le pouvoir de sonder les objets qu’elle touche afin de découvrir leur passé, et a également la capacité de traverser les miroirs, et ainsi de se rendre où elle veut. Mais un jour elle se voit contrainte d’abandonner sa famille et sa vie de rêve de gérante de musée, pour épouser Thorn, un habitant du Pôle, une région à l’autre bout du monde. Elle déménage donc chez son futur, à la Citacielle (une autre terre flottante ; son nom est bien trouvé non ?), où elle est prise en charge par Bérénilde, la tante de Thorn, une jeune femme en apparence bienveillante et désintéressée.

L‘auteure a réussi à faire d’Ophélie une jeune fille adorable, complexe et vraie, à la fois timide et discrète mais qui ne perd pas une miette de ce qui lui arrive, et qui peut sortir de ses gonds dès qu’elle se sent abusée. J’ai beaucoup aimé ce personnage. Elle est intelligente mais personne n’a l’air de le comprendre, et surtout elle est curieuse, ce qui va la sauver à de nombreuses reprises, puisque ce sont ses déductions qui la conduisent à prendre les bonnes décisions.

Le personnage le moins bavard, le moins ouvert, le moins charismatique, enfin le moins tout, est celui de Thorn, dont on comprend mieux le caractère une fois la lecture terminée. Quoi qu’il en soit, l’auteure a voulu que Thorn inspire de l’agacemement et du dégoût au premier abord, et on peut dire que ça marche ! Imbuvable au possible, Thorn ne se préoccupe du sort d’Ophélie qu’une fois les problèmes commencés et on ne sait pas trop encore dans quel but…

Le personnage de Bérénilde est celui qui réserve le plus de surprises, et c’est celui sur lequel je m’étendrais le moins pour ne pas en dévoiler trop sur l’histoire. Enfin, on ne peut dépeindre les personnages ainsi sans parler de Roseline, la tante d’Ophélie qui l’accompagne à la Citacielle en vue de la prochaine préparation du mariage. C’est le personnage le plus haut en couleur, et le plus hilarant ! Toujours à parler haut et fort, à répondre à la place d’Ophélie et à défendre sa nièce, elle est l’archétype même de la marraine qui a trop de répartie et qui ne sait pas se faire discrète,… ses répliques sont sublimes !

Un livre enchanteur et plein de magie, à lire absolument.